Le budget s’est développé dans
l’ensemble des entreprises à partir des années 1920 et qui depuis a connu un
grand succès. L’outil budgétaire est maintenant l’un des dispositifs de gestion
les plus utilisés dans les entreprises.
Cependant le budget et le contrôle
budgétaire font l’objet de critiques
de plus en plus violentes de la part des professionnels.
L’idée de se passer des budgets
n’est cependant pas nouvelle, dès les années 1980-1990, l’ancien patron de
General Electric, Jack Welsh, annonçait que les budgets sont « la ruine
des sociétés américaines », en étant coûteux et inefficaces.
Une étude menée par Accenture (cabinet de conseil Irlandais)
montre d’ailleurs que 80 % des
entreprises sont insatisfaites de leur processus budgétaire.
Face à ce constat, et au vue de
la mode actuelle de la gestion sans budget, on peut se poser la question
suivante : quels sont les problèmes
rencontrés avec les budgets ?
Vous pourrez trouver ici l’essentiel des critiques
adressées aux budgets par leurs utilisateurs :
1. Le passé comme base de référence : les prévisions se basent sur des données passées, sans qu’il y ait de
vraies restructurations.
2.
Une utilité limitée : les budgets reposent sur des prévisions avec un caractère incertain.
Les budgets élaborés manquent de réalisme et par là ne sont pas souvent
respectés. Selon une étude d’American Quality and Productivity Center, 60% des
entreprises ne mettent pas à jour régulièrement leurs budgets.
3.
Une lourdeur et un formalisme
excessif : le budget est très consommateur
en coût et en temps (jusqu’à 30% du temps de travail annuel des managers, ce
qui représente près de quatre mois par an). Des ressources humaines importantes
sont mobilisées durant toute la période budgétaire pour la recherche
d’informations et l’élaboration du budget. Or ces ressources pourraient être
utilisées pour des tâches plus productives. Le budget introduirait un manque de
flexibilité, préjudiciable dans un environnement turbulent et concurrentiel. Le
budget a fini par devenir, dans de nombreux environnement, un contrat
d’objectifs rigides.
4.
Une faiblesse du contrôle
budgétaire : les contrôleurs de gestions sont
occupés par la justification des écarts mais consacrent peu de temps à son
analyse ou à son interprétation. Ils ne rendent compte que des résultats
atteints et non des raisons. Il manque dans le processus budgétaire une
orientation stratégique
5.
Une orientation financière : les éléments qualitatifs sont négligés dans les budgets. Il faudrait
intégrer les éléments non monétaires dans les budgets, tels que la qualité de
service ou la satisfaction de la clientèle, pour en évaluer leur impact
financier.
6.
Une focalisation sur le
court-terme : les managers vont être soucieux
de respecter leur budget annuel et vont donc oublier les priorités stratégiques
et les éléments de création de valeur de l’entreprise.
7.
Un cloisonnement entre fonctions
de l’entreprise : les budgets sont souvent établis
par centre de responsabilité, ce qui signifie donc une structure par fonctions,
alors que l’amélioration des performances demanderait une approche plus
transversale et en termes de processus.
8.
A l’origine de comportements
dysfonctionnels : le budget est source de
comportements opportunistes, individuels conduisant à des actions sans
coordination, et de comportements conservateurs, ce qui est un frein à
l’innovation. Il induit une logique de reconduction des comportements de
l’année passée.
9.
Une culture de contrôle : il y a un risque de défiance et de suspicion, alors qu’il est
nécessaire qu’il y ait une culture d’implication.
Après cette première approche, on
peut déjà vous faire remarquer que le problème tient surtout au fait que le
budget est utilisé comme système incitatif. Il y a souvent couplage des objectifs budgétaires avec la rémunération variables
des managers, ce qui nous amène à observer des « manipulations » de
chiffres en fin de période, pour rentrer dans les budgets, en termes de plafond
et de plancher. La critique principale ne s’adresse pas donc vraiment à l’outil
en lui-même mais plutôt aux mauvaises
pratiques budgétaires.
Face à ces critiques, et depuis récemment,
on cherche donc d’autres outils pour mener une entreprise.
Si vous rencontrez vous aussi ces
problèmes dans la gestion quotidienne de votre entreprise, nous allons pouvoir
vous éclairer sur les alternatives possibles à cet outil